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(Se) motiver à apprendre

E. Bourgeois

Ce que j’ai appris :

J’ai appris que nombreux sont les facteurs qui impactent la motivation d’un élève. Il y a des facteurs externes et internes.

Il faut prendre en compte les dimensions affectives et relationnelles.

J’ai appris qu’un élève démotivé pouvait cacher un élève motivé à protéger son estime de soi. J’ai appris que les élèves se sous-estiment énormément, ce qui peut causer une perte de motivation, un décrochage scolaire. Au lieu d’y remédier en insistant sur la bonne maîtrise des cours, il faudrait y remédier en aidant l’élève à avoir une meilleure estime de lui-même et de faire en sorte qu’il croit en lui.

J’ai appris qu’il y avait différents buts, dans ce livre ils parlent des buts d’accomplissements et buts sociaux. Ils m’ont fait comprendre que des élèves ont pour but la maîtrise d’une compétence ce qui est bien mais que d’autres auront des buts de performance ce qui est moins bien car il ne fait que se comparer aux autres élèves de sa classe. J’ai appris que les buts sociaux ont également un impact, l’élève veut se sentir accepté, créer des amitiés, … L’école est un espace social en plus d’être un espace d’enseignement.

J’ai pu en apprendre sur le rôle des émotions dans la motivation de l’étudiant. Elles peuvent être un obstacle ou un vecteur à la motivation chez l’élève. J’ai appris qu’en tant qu’enseignants je peux avoir une influence sur ces émotions.

J’ai également découvert qu’un élève démotivé peut faire baisser mon estime en tant que professeur, car je ne me sentirais moins professionnel, je peux avoir l’impression de ne pas accomplir mon travail d’enseignant correctement.

En bref, les facteurs internes ne peuvent pas être tenu pour seul responsable de la démotivation de l’élève tout comme les facteurs externes. Mais les deux peuvent contribuer à motiver l’élèves dans son parcours scolaire.

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Réflexivité :

Je trouve ça important d’être conscient des différents impacts que je peux avoir sur la motivation d’un élève. Il est vrai que je remarque que la part d’élèves démotivés augmente, d’autant plus à la suite des impacts du Covid-19. J’ai moi-même subi les conséquences de nombreux facteurs. En primaire je ne travaillais déjà pas énormément et je me rends compte que des facteurs externes et internes impactaient sur mes résultats. Je ressentais un manque d’affection de la part de mon père, et d’un autre côté les professeurs me disaient que j’avais ma tête dans la lune et que je ne suivais pas bien le cours. Quand j’y repense je réalise que je préférais me perdre dans mes pensées car ça me permettait de fuir la réalité. Une professeure voulait d’ailleurs me faire redoubler ma 2ème primaire mais mon père a refusé et a dit que j’étais assez intelligent pour continuer comme les autres élèves. Heureusement que mon père a cru en moins car j’ai pu terminer mes primaires sans redoubler une année. Je remarque par exemple que mon père a eu une influence positive en répétant souvent que j’étais intelligent. Je n’ai jamais questionné mes aptitudes à comprendre et apprendre.

Jusqu’à ma 3ème secondaire je n’ai jamais eu de problèmes en rapport avec ma motivation car je réussissais sans trop devoir étudier. Mais une fois arrivé en 4ème secondaire j’ai pu remarquer un manque de motivation énorme dans ma scolarité. C’était une période où j’avais des problèmes familiaux, je voulais faire l’inverse de ce que mon père disait et c’est ce que j’ai fait en passant mon temps en dehors de l’école sur mon piano et non à étudier. Je me rappelle du proviseur de l’école qui m’a qualifié d’indolent. Je n’avais aucune motivation, je n’avais pas de but. Mon manque de motivation me frustrait, je voulais être un élève assidu et motivé mais j’avais d’autres préoccupations que les cours. Je pense que si mes professeurs m’avaient encouragé ça aurait pu avoir un impact énorme. Je pense également que si ma situation à la maison était meilleure ça aurait pu changer la donne. Je ne peux pas remettre toute la faute sur les facteurs externes et internes bien-sûr, mais je sais que ça a beaucoup impacté mon parcours scolaire.

Une chose que j’ai remarqué qui influence énormément mon assiduité est le fait que mon père m’a toujours considéré comme fainéant. Quand je repense à mon enfance et mon adolescence je vois mon père répéter presque plusieurs fois par jour « fainéant ». Je suis persuadé que ça a impacté l’image que j’ai de moi-même. J’essaye maintenant encore de me détacher de cette image que j’ai de moi-même. Je sais que je ne suis pas né fainéant. Je sais qu’on est ce qu’on pense qu’on est et qu’en travaillant sur mes pensées je pourrai enfin me convaincre que je suis travailleur, proactif.

L’impact que la parole a sur la vie d’un individu est énorme. En tant que professeur je ne parlerai en aucun cas négativement de mes élèves. Jamais je ne qualifierais un élève de fainéant, d’indolent. Je ne veux que proclamer du bon, encourager mes élèves, leurs montrer de quoi ils sont capables en leurs insufflant la parole positive. Je veux que mes élèves se sentent valorisés, capables. Mais je me prépare déjà à l’idée que même si j’aurai énormément d’amour à leurs donner ce ne sera peut-être pas toujours suffisant. Je sais que je vais favoriser la proactivité, utiliser le concept de la classe inversée, utilisé le maximum de ressources que j’ai en mon pouvoir pour avoir l’impact le plus positif. Mais je n’ai pas le contrôle sur les facteurs internes qui comme j’ai pu le constater, m’ont moi-même fort impacté.

(Se) motiver à apprendre: Texte

André Immanuel Maryns

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